« Nos profits valent plus que leurs vies ! » : ce détournement d’un célèbre slogan anticapitaliste est le véritable credo du patronat français. Les travailleurs subissent au quotidien une dégradation de leurs conditions de vie et de travail. La précarisation de l’emploi et le chômage de masse font planer sur chaque foyer populaire la menace de sombrer dans la misère. Les inégalités ont atteint des niveaux inédits. La richesse s’entasse dans les coffres d’une minorité tandis que l’immense majorité s’appauvrit. Mais l’ogre patronal ne pousse qu’un seul cri : « J’en veux encore plus ! » – « Tout de suite ! », lui répond le gouvernement.

Nos ennemis de classe ont l’habitude de se plaindre de notre terrorisme. Ce qu’ils entendent par là n’est pas très clair. Ils aimeraient qualifier de terrorisme toutes les activités du prolétariat dirigées contre les intérêts de nos ennemis de classe. La grève, à leurs yeux, est la principale méthode de terrorisme. Une menace de grève, l’organisation de piquets de grève, le boycott d’un patron esclavagiste, le boycott moral d’un traître de nos propres rangs – ils appellent tout cela terrorisme et bien plus encore. Si on conçoit de cette façon le terrorisme comme toute action inspirant la crainte ou faisant du mal à l’ennemi, alors, naturellement, la lutte de classe toute entière n’est pas autre chose que du terrorisme. Et la seule question restante est de savoir si les politiciens bourgeois ont le droit de déverser le flot de leur indignation morale à propos du terrorisme prolétarien, alors que leur appareil d’Etat tout entier avec ses lois, sa police et son armée ne sont rien d’autre qu’un appareil de terreur capitaliste !

Le 12 janvier dernier, huit anciens salariés de Goodyear, dont cinq élus CGT, ont été condamnés à deux ans de prison, dont 9 mois ferme. Officiellement, cette peine sanctionne leur participation à la « séquestration » de deux cadres dirigeants de Goodyear, pendant 30 heures, en janvier 2014. Après 7 années de lutte contre la fermeture de leur usine, à Amiens, les salariés se heurtaient au mutisme de la direction, qui refusait de répondre à leurs revendications. En retenant les deux cadres dirigeants dans les locaux de l’usine, les travailleurs ont cherché à obtenir la discussion qui leur était refusée. Les deux dirigeants de Goodyear n’ont pas été maltraités ; ils pouvaient téléphoner ; ils avaient de quoi boire et manger.

Plus de cinq cents plaintes pour vol [dont la moitié pour agressions sexuelles, NDLR] ont été enregistrées par la police de Cologne dans le cadre des agressions du réveillon du Nouvel An. Ce qui s'est alors réellement produit reste flou. Il est peu probable que nous n’ayons jamais une vision claire de ces événements, étant donné la façon dont ils ont été amalgamés par la propagande raciste.

Cet article a été écrit le 11 décembre dernier, après la victoire du mouvement lycéen de l'Etat de São Paulo. Depuis, le même Etat régional est de nouveau au centre de l'actualité brésilienne pour sa brutale répression du mouvement appelé « Passe livre » contre la hausse du prix des transports publics. On retrouve au sein de ce mouvement de nombreux jeunes impliqués dans les occupations victorieuses des lycées, ainsi que nos camarades brésiliens d'Esquerda marxista(« Gauche marxiste ») — déjà très actifs au sein du mouvement lycéen dont parle l'article ci-dessous — qui y défendent la convergence de ces luttes autour d'un programme de revendications socialistes. Pour mieux faire connaitre ces idées, nos camarades organisent du 26 au 31 janvier un « campement révolutionnaire » au sein d'une usine occupée, autour de leur campagne nationale : « Transport, santé, éducation : publics, gratuits et pour tous ! A bas la répression ! »

Le jeudi 7 janvier 2016 sera pour les Marocains le « Jeudi Noir ». Depuis plusieurs semaines, les professeurs stagiaires manifestaient pacifiquement pour protester contre deux décrets gouvernementaux. Ceux-ci mettaient fin au recrutement automatique des stagiaires ayant achevé leur formation et accompli une année d'internat. Ils devront maintenant chercher un emploi sur le marché privé, ce qui revient à mettre l'éducation publique au service du secteur privé. 20 000 professeurs stagiaires ont donc manifesté jeudi dernier à Casablanca, Tanger, Marrakech, Fès, Oujda et Inezgane. Ils ont été accueillis par des barrages de policiers armés de matraques. Dans la seule ville d'Inezgane, 100 étudiants ont été blessés (dont 37 dans un état critique). Les chiffres sont de la même ampleur dans toutes les autres villes du pays.

Le 5 décembre dernier, l’Alliance de la Jeunesse Progressiste (Progressive Youth Alliance, PYA) a tenu sa première Convention nationale à Lahore (Pakistan). La plupart des organisations progressistes étudiantes du pays s’y sont ralliées pour créer la plus grande organisation étudiante qu’ait connue le Pakistan depuis des décennies. Ses objectifs principaux sont la lutte pour la gratuité de l’enseignement, l’accès à l’emploi ou à des allocations chômage pour les jeunes – et la reconstruction de syndicats étudiants.

Avec 2,9 % de croissance en 2015, l’économie mondiale a connu sa plus mauvaise performance depuis 2009. Pour 2016, le Fonds Monétaire International (FMI) ne cesse de réviser à la baisse ses prévisions de croissance économique – aussi bien des grandes puissances que des « pays émergents ». En 2015, la croissance moyenne des économies émergentes a baissé pour la cinquième année consécutive, ce qui a lourdement pesé sur la croissance mondiale.

Après l’annonce des résultats des élections du 20 décembre dernier, un porte-parole du Parti Populaire (PP, droite) a déclaré que l’Espagne était « ingouvernable ». Du point de vue de la bourgeoisie, c’est exact. Les élections ont débouché sur un Parlement fragmenté, reflet de la polarisation de classes dans le pays. En remontant la pente, ces dernières semaines, Podemos (20,7 %) a fragilisé le PSOE (22 %).

Les résultats du premier tour des élections régionales confirment et accélèrent la dynamique électorale qui s’est déjà manifestée à l’occasion de tous les scrutins intermédiaires depuis 2012. Les attentats du 13 novembre ont évidemment aidé le FN à réaliser cette nouvelle percée. Mais tous les éléments étaient déjà réunis et poussaient dans cette direction. Le FN bénéficie de la crise du capitalisme, de la croissance ininterrompue du chômage, de la politique d’austérité du gouvernement « socialiste », du discrédit qui frappe le parti de Nicolas Sarkozy – et enfin de l’incapacité du Front de Gauche à s’unir et constituer une alternative crédible. L’ensemble de ces éléments explique aussi le très haut niveau de l’abstention, qui concerne un électeur sur deux.

Le 6 décembre, les Vénézuéliens vont se rendre aux urnes pour élire les députés à l’Assemblée nationale. Cette élection se tient dans un contexte où la révolution bolivarienne est confrontée aux défis les plus difficiles depuis 17 ans, quand Chavez a été élu président pour la première fois en 1998. Aux défis habituels posés par une opposition profondément anti-démocratique et par les provocations impérialistes belligérantes, il faut ajouter une combinaison de facteurs économiques, au niveau national et international, qui met le Venezuela au pied du mur et conduit à une conclusion : ou bien la révolution est menée à son terme, ou bien elle est battue.