Cet article a été écrit le 11 décembre dernier, après la victoire du mouvement lycéen de l'Etat de São Paulo. Depuis, le même Etat régional est de nouveau au centre de l'actualité brésilienne pour sa brutale répression du mouvement appelé « Passe livre » contre la hausse du prix des transports publics. On retrouve au sein de ce mouvement de nombreux jeunes impliqués dans les occupations victorieuses des lycées, ainsi que nos camarades brésiliens d'Esquerda marxista(« Gauche marxiste ») — déjà très actifs au sein du mouvement lycéen dont parle l'article ci-dessous — qui y défendent la convergence de ces luttes autour d'un programme de revendications socialistes. Pour mieux faire connaitre ces idées, nos camarades organisent du 26 au 31 janvier un « campement révolutionnaire » au sein d'une usine occupée, autour de leur campagne nationale : « Transport, santé, éducation : publics, gratuits et pour tous ! A bas la répression ! »

Le jeudi 7 janvier 2016 sera pour les Marocains le « Jeudi Noir ». Depuis plusieurs semaines, les professeurs stagiaires manifestaient pacifiquement pour protester contre deux décrets gouvernementaux. Ceux-ci mettaient fin au recrutement automatique des stagiaires ayant achevé leur formation et accompli une année d'internat. Ils devront maintenant chercher un emploi sur le marché privé, ce qui revient à mettre l'éducation publique au service du secteur privé. 20 000 professeurs stagiaires ont donc manifesté jeudi dernier à Casablanca, Tanger, Marrakech, Fès, Oujda et Inezgane. Ils ont été accueillis par des barrages de policiers armés de matraques. Dans la seule ville d'Inezgane, 100 étudiants ont été blessés (dont 37 dans un état critique). Les chiffres sont de la même ampleur dans toutes les autres villes du pays.

Le 5 décembre dernier, l’Alliance de la Jeunesse Progressiste (Progressive Youth Alliance, PYA) a tenu sa première Convention nationale à Lahore (Pakistan). La plupart des organisations progressistes étudiantes du pays s’y sont ralliées pour créer la plus grande organisation étudiante qu’ait connue le Pakistan depuis des décennies. Ses objectifs principaux sont la lutte pour la gratuité de l’enseignement, l’accès à l’emploi ou à des allocations chômage pour les jeunes – et la reconstruction de syndicats étudiants.

Avec 2,9 % de croissance en 2015, l’économie mondiale a connu sa plus mauvaise performance depuis 2009. Pour 2016, le Fonds Monétaire International (FMI) ne cesse de réviser à la baisse ses prévisions de croissance économique – aussi bien des grandes puissances que des « pays émergents ». En 2015, la croissance moyenne des économies émergentes a baissé pour la cinquième année consécutive, ce qui a lourdement pesé sur la croissance mondiale.

Après l’annonce des résultats des élections du 20 décembre dernier, un porte-parole du Parti Populaire (PP, droite) a déclaré que l’Espagne était « ingouvernable ». Du point de vue de la bourgeoisie, c’est exact. Les élections ont débouché sur un Parlement fragmenté, reflet de la polarisation de classes dans le pays. En remontant la pente, ces dernières semaines, Podemos (20,7 %) a fragilisé le PSOE (22 %).

Les résultats du premier tour des élections régionales confirment et accélèrent la dynamique électorale qui s’est déjà manifestée à l’occasion de tous les scrutins intermédiaires depuis 2012. Les attentats du 13 novembre ont évidemment aidé le FN à réaliser cette nouvelle percée. Mais tous les éléments étaient déjà réunis et poussaient dans cette direction. Le FN bénéficie de la crise du capitalisme, de la croissance ininterrompue du chômage, de la politique d’austérité du gouvernement « socialiste », du discrédit qui frappe le parti de Nicolas Sarkozy – et enfin de l’incapacité du Front de Gauche à s’unir et constituer une alternative crédible. L’ensemble de ces éléments explique aussi le très haut niveau de l’abstention, qui concerne un électeur sur deux.

Le 6 décembre, les Vénézuéliens vont se rendre aux urnes pour élire les députés à l’Assemblée nationale. Cette élection se tient dans un contexte où la révolution bolivarienne est confrontée aux défis les plus difficiles depuis 17 ans, quand Chavez a été élu président pour la première fois en 1998. Aux défis habituels posés par une opposition profondément anti-démocratique et par les provocations impérialistes belligérantes, il faut ajouter une combinaison de facteurs économiques, au niveau national et international, qui met le Venezuela au pied du mur et conduit à une conclusion : ou bien la révolution est menée à son terme, ou bien elle est battue.

A la suite des attentats du 13 novembre, le gouvernement a décrété l’état d’urgence sur tout le territoire, puis l’a prolongé, au travers d’une loi adoptée par le Parlement les 19 et 20 novembre, pour 3 mois à compter du 26 novembre. Selon le gouvernement et le Président de la République, cette mesure est « nécessaire » afin de protéger les habitants de la France contre la menace terroriste. Deux questions se posent : les pouvoirs dont l’état d’urgence dote le gouvernement permettront-ils réellement de lutter contre le terrorisme ? Peut-on faire confiance aux autorités pour utiliser ces pouvoirs à bon escient ?

Les attentats qui ont frappé Paris ont suscité la révulsion et la colère de millions de jeunes et de travailleurs. Trois jours plus tard, ces sentiments sont loin de s’éteindre. La peur de nouveaux attentats est palpable. Elle est nourrie par l’incapacité manifeste des autorités à empêcher le carnage de vendredi soir, dix mois après l’attaque visant Charlie Hebdo. Ce week-end, les rues quasi désertes des grandes villes témoignaient de cette angoisse collective.

Le terrorisme réactionnaire du fondamentalisme islamique vient encore de frapper, faisant au moins 128 morts et 200 blessés (dont 100 dans un état grave) dans une attaque coordonnée sur différents sites de Paris. C’est un attentat complètement réactionnaire contre des gens ordinaires, dont de nombreux jeunes, profitant de leur soirée dans des restaurants, des salles de concert ou au Stade de France. Nous condamnons ce gang de meurtriers et nous exprimons notre solidarité avec le peuple de Paris.

La classe dirigeante et le gouvernement « socialiste » profiteront de ces attentats et de l’émotion qu’ils suscitent pour détourner l’attention des travailleurs de la crise, de ses conséquences sociales désastreuses et de la politique réactionnaire qui est menée dans l’intérêt d’une poignée de grands patrons. C’est le sens des nombreux appels à « l’union nationale », qui doivent être fermement rejetés par les organisations de gauche de la jeunesse et des travailleurs."