Après l’annonce des résultats des élections du 20 décembre dernier, un porte-parole du Parti Populaire (PP, droite) a déclaré que l’Espagne était « ingouvernable ». Du point de vue de la bourgeoisie, c’est exact. Les élections ont débouché sur un Parlement fragmenté, reflet de la polarisation de classes dans le pays. En remontant la pente, ces dernières semaines, Podemos (20,7 %) a fragilisé le PSOE (22 %).

Les résultats du premier tour des élections régionales confirment et accélèrent la dynamique électorale qui s’est déjà manifestée à l’occasion de tous les scrutins intermédiaires depuis 2012. Les attentats du 13 novembre ont évidemment aidé le FN à réaliser cette nouvelle percée. Mais tous les éléments étaient déjà réunis et poussaient dans cette direction. Le FN bénéficie de la crise du capitalisme, de la croissance ininterrompue du chômage, de la politique d’austérité du gouvernement « socialiste », du discrédit qui frappe le parti de Nicolas Sarkozy – et enfin de l’incapacité du Front de Gauche à s’unir et constituer une alternative crédible. L’ensemble de ces éléments explique aussi le très haut niveau de l’abstention, qui concerne un électeur sur deux.

Le 6 décembre, les Vénézuéliens vont se rendre aux urnes pour élire les députés à l’Assemblée nationale. Cette élection se tient dans un contexte où la révolution bolivarienne est confrontée aux défis les plus difficiles depuis 17 ans, quand Chavez a été élu président pour la première fois en 1998. Aux défis habituels posés par une opposition profondément anti-démocratique et par les provocations impérialistes belligérantes, il faut ajouter une combinaison de facteurs économiques, au niveau national et international, qui met le Venezuela au pied du mur et conduit à une conclusion : ou bien la révolution est menée à son terme, ou bien elle est battue.

A la suite des attentats du 13 novembre, le gouvernement a décrété l’état d’urgence sur tout le territoire, puis l’a prolongé, au travers d’une loi adoptée par le Parlement les 19 et 20 novembre, pour 3 mois à compter du 26 novembre. Selon le gouvernement et le Président de la République, cette mesure est « nécessaire » afin de protéger les habitants de la France contre la menace terroriste. Deux questions se posent : les pouvoirs dont l’état d’urgence dote le gouvernement permettront-ils réellement de lutter contre le terrorisme ? Peut-on faire confiance aux autorités pour utiliser ces pouvoirs à bon escient ?

Les attentats qui ont frappé Paris ont suscité la révulsion et la colère de millions de jeunes et de travailleurs. Trois jours plus tard, ces sentiments sont loin de s’éteindre. La peur de nouveaux attentats est palpable. Elle est nourrie par l’incapacité manifeste des autorités à empêcher le carnage de vendredi soir, dix mois après l’attaque visant Charlie Hebdo. Ce week-end, les rues quasi désertes des grandes villes témoignaient de cette angoisse collective.

Le terrorisme réactionnaire du fondamentalisme islamique vient encore de frapper, faisant au moins 128 morts et 200 blessés (dont 100 dans un état grave) dans une attaque coordonnée sur différents sites de Paris. C’est un attentat complètement réactionnaire contre des gens ordinaires, dont de nombreux jeunes, profitant de leur soirée dans des restaurants, des salles de concert ou au Stade de France. Nous condamnons ce gang de meurtriers et nous exprimons notre solidarité avec le peuple de Paris.

La classe dirigeante et le gouvernement « socialiste » profiteront de ces attentats et de l’émotion qu’ils suscitent pour détourner l’attention des travailleurs de la crise, de ses conséquences sociales désastreuses et de la politique réactionnaire qui est menée dans l’intérêt d’une poignée de grands patrons. C’est le sens des nombreux appels à « l’union nationale », qui doivent être fermement rejetés par les organisations de gauche de la jeunesse et des travailleurs."

Le parti islamo-conservateur d’Erdogan a gagné les élections anticipées avec près de 50 % des suffrages, soit 3 millions de voix de plus qu’en juin dernier. Le « Parti de la Justice et du Développement » (AKP) a cyniquement entrainé le pays dans le chaos pour se présenter comme le seul barrage à opposer au désordre.

Avec un taux de participation de 77 % (soit 10 points de plus qu’en 2012), les élections parlementaires catalanes du 27 septembre ont été une victoire pour les partis indépendantistes, bien qu’ils n’aient pas obtenu de majorité absolue en nombre de voix. Si la liste commune Junts pel Sí (JxSí, « Ensemble pour le oui ») arrive en tête, ses résultats stagnent en nombre de voix et baissent en pourcentage : 39,5 %. Elle perd 9 sièges (de 71 à 62) par rapport aux scores qu’avaient réalisés en 2012 les partis qui composent cette liste.

En moins de 24 heures, l’image du DRH d’Air France et sa chemise déchirée a fait le tour du monde. Le patronat et le gouvernement s’en sont servi pour matraquer l’opinion publique et faire passer les travailleurs d’Air France pour des « voyous », selon l’expression du Premier ministre. Sarkozy en a rajouté et a déploré la « chienlit », terme employé par De Gaulle en mai 68. Le spectre de mai 68 ressurgirait-il dans l’esprit de la classe dirigeante ?

L’annonce, par la direction d’Air France, de 2900 suppressions de postes est tombée comme un coup de tonnerre sur les salariés de cette grande entreprise. Ces dix dernières années, ils ont déjà consenti de nombreux sacrifices en termes de rémunérations et de conditions de travail. De nombreux postes ont été supprimés : les effectifs de l’entreprise sont passés de 65 000 en 2004 à 52 500 à ce jour. L’exaspération de nombreux salariés atteint des sommets, comme le montre par exemple la vidéo ci-dessous.