Le mouvement de grèves reconductibles qui s’est engagé dans plusieurs secteurs clés de l’économie, il y a trois semaines, a eu pour effet immédiat d’intensifier la campagne de propagande médiatique qui, depuis le début du mois de mars, vise la mobilisation contre la loi Travail. L’extrême agressivité de cette propagande, qui est orchestrée au plus haut niveau de l’Etat et des milieux patronaux, reflète la haine et la peur qu’éprouvent ces derniers face à des mobilisations comme celles des salariés des raffineries et des ports. Et pour cause : en paralysant d’importants secteurs de l’économie, les grèves reconductibles ont montré la voie d’une possible victoire contre la loi Travail. Comme nous l’avons souligné dès le début du mois de mars, seul le développement d’une grève reconductible embrassant un nombre croissant de secteurs économiques est susceptible de faire reculer le gouvernement.

La lutte contre la loi Travail est entrée dans une nouvelle phase, une phase décisive. Le développement de grèves et blocages reconductibles, dans plusieurs secteurs clés de l’économie, a changé la dynamique du mouvement. Tout s’accélère. Après une série de « journées d’action », ces deux derniers mois, auxquelles le gouvernement a répondu par la violence policière et le 49-3, l’objectif immédiat du mouvement est désormais de paralyser l’économie. C’est sa seule chance de victoire.

Du 2 au 5 mai dernier, les militants du PCF votaient pour choisir la « base commune » de discussion de leur congrès national, qui se tiendra début juin à Aubervilliers. Cinq documents étaient en lice : celui adopté (à 80 %) par le Conseil National du parti – et quatre « textes alternatifs ».

Dès leur lancement à Paris, le 31 mars dernier, les Nuits Debout ont connu un immense succès. Très vite, le mouvement a essaimé dans d’autres villes françaises.

Des quatre coins de l’establishment, presque tous les riches et la classe au pouvoir sont concernés par les Panama papers : d’anciens ou d’actuels chefs de gouvernement, des magnats des affaires, des célébrités... La plus grande fuite de données de l’histoire a révélé comment les élites mondiales utilisent plus de 200 000 sociétés-écrans créées par le cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca pour mettre leur argent à l’abri dans des paradis fiscaux, hors de portée de toute inspection.

Avec plus d’un million de manifestants, la mobilisation du 31 mars a confirmé le profond rejet de la loi Travail dans la jeunesse et le salariat. Le soir même, à Paris, des milliers de personnes – surtout des jeunes – participaient à la première « Nuit Debout », place de la République, dans une ambiance très enthousiaste. Depuis, la place est occupée chaque nuit.

Dans sa campagne pour l’investiture démocrate, Hillary Clinton tente de se présenter comme la championne des droits de femmes. Elle fait appel à la solidarité féminine (« sisterhood ») et à la possibilité de devenir la première Présidente américaine. Bien qu’il y ait effectivement une couche de la jeunesse qui la perçoit comme la candidate la plus progressiste du fait de son genre, beaucoup de jeunes femmes et hommes américains voient clair dans son jeu. Ils la considèrent comme faisant partie d’un establishment qu’ils haïssent de plus en plus.

L’annonce du projet de loi Travail a suscité une hostilité immédiate et massive. Chaque élément de cette attaque majeure contre le Code du travail a été décortiqué, commenté, vilipendé. Les réseaux sociaux ont été saturés d’appels à l’action. Très vite, l’idée d’une mobilisation le 9 mars a circulé. Et très vite, un nombre croissant d’organisations politiques et syndicales s’y est rallié. Encouragés par cette puissante vague d’indignation, des chroniqueurs de grandes radios ont accablé le gouvernement d’un humour acide. Même certains députés « socialistes » endormis depuis 2012 ont été réveillés par la clameur.

« Nos profits valent plus que leurs vies ! » : ce détournement d’un célèbre slogan anticapitaliste est le véritable credo du patronat français. Les travailleurs subissent au quotidien une dégradation de leurs conditions de vie et de travail. La précarisation de l’emploi et le chômage de masse font planer sur chaque foyer populaire la menace de sombrer dans la misère. Les inégalités ont atteint des niveaux inédits. La richesse s’entasse dans les coffres d’une minorité tandis que l’immense majorité s’appauvrit. Mais l’ogre patronal ne pousse qu’un seul cri : « J’en veux encore plus ! » – « Tout de suite ! », lui répond le gouvernement.