Il y a quelques mois à peine, le Premier ministre italien, Matteo Renzi [Photo], semblait jouir d’une popularité indestructible. Il avait pris les commandes du gouvernement en février 2014, avec des objectifs ambitieux et entièrement partagés par la grande bourgeoisie : faire du Parti Démocrate (PD) la force politique dominante du pays ; relancer l’économie ; mettre en œuvre une réforme du système politique et constitutionnel conforme aux intérêts du grand Capital.

Des événements tragiques ont eu lieu dans la nuit de mercredi dernier à Plaisance à l’extérieur d’un dépôt de l’entreprise de livraison GLS, au nord de l’Italie ! Alors qu’il tenait un piquet de grève, Abd Elsalam Ahmed Eldanf, travailleur égyptien de 53 ans, a été percuté et tué par un camion. Selon des témoins, les managers avaient incité le conducteur à charger le piquet.

Cet été, le soi-disant « débat » sur « l’islam, la laïcité et le terrorisme » a sombré dans des profondeurs abyssales. Et de même que les grands fonds océaniques, privés de toute lumière, sont peuplés de créatures effrayantes, de même le « débat » en question a produit des arguments et des situations qui font froid dans le dos, telle la scène choquante, humiliante, des policiers de Cannes obligeant une femme à se dévêtir, sur la plage.

La loi Travail sera adoptée à l’Assemblée nationale d’ici le 22 juillet, après un ultime retour au Sénat. Le gouvernement « socialiste » a donc remporté cette bataille. Pour ce faire, il a eu recours à des niveaux de répression policière inédits dans l’histoire récente du pays, ainsi qu’à une violente campagne d’insultes et de stigmatisation visant les militants de la CGT engagés dans la lutte. Après avoir instrumentalisé les « casseurs » pour discréditer le mouvement, le gouvernement en a pris prétexte pour soumettre les dernières manifestations parisiennes à un filtrage et un encadrement policier massifs, entravant de facto le droit de manifester.

Le 19 juin, la police mexicaine est intervenue pour dégager un barrage routier dans la ville de Nochixtlan. La répression brutale a fait 12 morts et des dizaines de blessés, et au moins 21 personnes ont été arrêtées. Le barrage était organisé par les enseignants, avec le soutien des communautés locales, pour empêcher la police fédérale de se rendre à la capitale de l’Etat d’Oaxaca où les enseignants en grève ont organisé un campement.

Le mouvement de grèves reconductibles qui s’est engagé dans plusieurs secteurs clés de l’économie, il y a trois semaines, a eu pour effet immédiat d’intensifier la campagne de propagande médiatique qui, depuis le début du mois de mars, vise la mobilisation contre la loi Travail. L’extrême agressivité de cette propagande, qui est orchestrée au plus haut niveau de l’Etat et des milieux patronaux, reflète la haine et la peur qu’éprouvent ces derniers face à des mobilisations comme celles des salariés des raffineries et des ports. Et pour cause : en paralysant d’importants secteurs de l’économie, les grèves reconductibles ont montré la voie d’une possible victoire contre la loi Travail. Comme nous l’avons souligné dès le début du mois de mars, seul le développement d’une grève reconductible embrassant un nombre croissant de secteurs économiques est susceptible de faire reculer le gouvernement.

La lutte contre la loi Travail est entrée dans une nouvelle phase, une phase décisive. Le développement de grèves et blocages reconductibles, dans plusieurs secteurs clés de l’économie, a changé la dynamique du mouvement. Tout s’accélère. Après une série de « journées d’action », ces deux derniers mois, auxquelles le gouvernement a répondu par la violence policière et le 49-3, l’objectif immédiat du mouvement est désormais de paralyser l’économie. C’est sa seule chance de victoire.

Du 2 au 5 mai dernier, les militants du PCF votaient pour choisir la « base commune » de discussion de leur congrès national, qui se tiendra début juin à Aubervilliers. Cinq documents étaient en lice : celui adopté (à 80 %) par le Conseil National du parti – et quatre « textes alternatifs ».

Dès leur lancement à Paris, le 31 mars dernier, les Nuits Debout ont connu un immense succès. Très vite, le mouvement a essaimé dans d’autres villes françaises.

Des quatre coins de l’establishment, presque tous les riches et la classe au pouvoir sont concernés par les Panama papers : d’anciens ou d’actuels chefs de gouvernement, des magnats des affaires, des célébrités... La plus grande fuite de données de l’histoire a révélé comment les élites mondiales utilisent plus de 200 000 sociétés-écrans créées par le cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca pour mettre leur argent à l’abri dans des paradis fiscaux, hors de portée de toute inspection.