Avec 2,9 % de croissance en 2015, l’économie mondiale a connu sa plus mauvaise performance depuis 2009. Pour 2016, le Fonds Monétaire International (FMI) ne cesse de réviser à la baisse ses prévisions de croissance économique – aussi bien des grandes puissances que des « pays émergents ». En 2015, la croissance moyenne des économies émergentes a baissé pour la cinquième année consécutive, ce qui a lourdement pesé sur la croissance mondiale.

Après l’annonce des résultats des élections du 20 décembre dernier, un porte-parole du Parti Populaire (PP, droite) a déclaré que l’Espagne était « ingouvernable ». Du point de vue de la bourgeoisie, c’est exact. Les élections ont débouché sur un Parlement fragmenté, reflet de la polarisation de classes dans le pays. En remontant la pente, ces dernières semaines, Podemos (20,7 %) a fragilisé le PSOE (22 %).

Les résultats du premier tour des élections régionales confirment et accélèrent la dynamique électorale qui s’est déjà manifestée à l’occasion de tous les scrutins intermédiaires depuis 2012. Les attentats du 13 novembre ont évidemment aidé le FN à réaliser cette nouvelle percée. Mais tous les éléments étaient déjà réunis et poussaient dans cette direction. Le FN bénéficie de la crise du capitalisme, de la croissance ininterrompue du chômage, de la politique d’austérité du gouvernement « socialiste », du discrédit qui frappe le parti de Nicolas Sarkozy – et enfin de l’incapacité du Front de Gauche à s’unir et constituer une alternative crédible. L’ensemble de ces éléments explique aussi le très haut niveau de l’abstention, qui concerne un électeur sur deux.