Le 29 mai, nous avons rejeté le capitalisme dans le texte. Mais dans
les faits, le capitalisme est toujours là, et sombre dans l’une des
plus graves crises de son histoire. C’est pourquoi la régression
sociale s’intensifie. De Villepin poursuit la politique rétrograde de
Raffarin. En même temps, le pays est frappé par une avalanche de
délocalisations, de plans sociaux et de fermetures d’entreprises,
auxquelles s’ajoute les privatisations. Le cas de la SNCM illustre bien
la monstrueuse hypocrisie du gouvernement en ce qui concerne la « lutte
contre le chômage ».
Dans ce contexte, nos revendications
doivent être à la hauteur des problèmes qui se posent. Face à un projet
de fermeture, un plan social ou une délocalisation, la recherche d’un
« repreneur » n’est pas une solution. Le plus souvent, les repreneurs
capitalistes commencent par supprimer des emplois et remettre en cause
les salaires et les conditions de travail.
Quelle est l’alternative ? La réponse
nous est donnée par des travailleurs du Venezuela. Dans ce pays en
pleine révolution, les salariés d’entreprises fermées par leurs
propriétaires ont lutté ont obtenu la nationalisation, sous le contrôle
et la gestion démocratique des salariés, de leur outil de travail. Dans
la foulée des premières expropriations de ce type, le gouvernement
d’Hugo Chavez a dressé une liste de centaines d’entreprises qui, pour
les mêmes raisons, pourraient faire l’objet d’une nationalisation.
Les travailleurs d’une entreprise
menacée de fermeture peuvent protester, lancer une pétition,
manifester, faire grève - le dernier mot n’en reste pas moins aux
propriétaires de l’entreprise. C’est parce qu’ils possèdent
l’entreprise qu’ils peuvent décider de la fermer ou de la délocaliser.
On ne peut les en empêcher qu’en arrachant l’outil productif de leurs
mains et en le plaçant sous le contrôle et la gestion démocratique des
travailleurs eux-mêmes.
Cette revendication doit retrouver sa
place centrale dans la plate-forme des organisations syndicales. La
seule alternative aux immenses dégâts sociaux du système capitaliste,
c’est la nationalisation et la planification démocratique des
principaux leviers de l’économie. Une économie socialiste permettra
d’en finir avec le chômage de masse, la précarité et toutes les formes
de misère que génère le capitalisme.

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