
C/Hermanos del Moral 33, bajo A 28019-Madrid www.sindicatodeestudiantes.org E-mail: s.estudi@arrakis.es
1 - Face à la guerre imminente que l’impérialisme américain prépare contre l’Irak, et dans le cadre de la semaine de mobilisation internationale contre cette guerre (du 13 au 21 février), le Syndicat des Etudiants espagnol appelle, pour le 13 février, à une journée d’action étudiante, qui consistera, dans toutes les villes d’Espagne, en grèves étudiantes et manifestations.
2 -Une nouvelle fois, sous les bannières de la "liberté" et de la "démocratie", les puissances impérialistes préparent le massacre d’un peuple innocent. Cette fois-ci, c’est au tour du peuple irakien. Le prétexte: le régime de Sadam Hussein est en possession d’armes de destruction massive, ce qui constitue une menace pour les USA et l’ensemble du monde. Il est choquant que de telles accusations proviennent d’une puissance qui, loin devant tout les autres, réalise 37% des dépenses mondiales en armement et 40% de la production militaire mondiale.
3 - Nous faisons face à une nouvelle guerre impérialiste, à une classique guerre de rapine pour le contrôle de nouveaux marchés et de matières premières - en l’occurrence, le pétrole. Le Golfe Persique renferme 65% des réserves mondiales de pétrole, et l’on estime qu’au cours de l’actuelle décennie, cette région du monde fournira plus de la moitié de la consommation mondiale de pétrole - dans laquelle les Etats-Unis entrent pour 70%. L’Irak possède la deuxième réserve mondiale de pétrole, derrière l’Arabie Saoudite. Les classes dirigeantes américaine et internationales s’inquiètent de l’actuelle crise économique mondiale ; dans cette perspective, la question du contrôle des ressources pétrolières devient cruciale, d’où l’intérêt des capitalistes américains pour la région du Golfe. Leur objectif est de remplacer Sadam Hussein par un gouvernement "fantoche" qui les autoriserait à exploiter à leur guise le pétrole irakien. Par ailleurs, avec l’arrogance typique des oppresseurs, l’impérialisme américain veut montrer au reste du monde ce qui peut advenir à quiconque ose s’opposer à ses intérêts.
4 - Le Syndicat des Etudiants espagnol s’oppose à cette guerre, qu’elle soit menée par les seuls Etats-Unis ou par une coalition de puissances ayant l’appui de l’ONU. L’ONU est entre les mains de l’impérialisme: elle a soutenu et justifié les bombardements en ex-Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak lors de la première guerre du Golfe - laquelle a tué plus de 200 000 personnes -, et elle maintient l’embargo contre Irak, qui a causé plus d’un millions de morts, surtout des enfants. C’est encore l’ONU qui ferme les yeux et se bouche les oreilles devant la violation de ses propres résolutions par l’Etat d’Israël - la plus grande puissance militaire de la région, armée et financée par les Etats-Unis - et la politique de terrorisme d’Etat et de génocide perpétrée par Ariel Sharon contre le peuple palestinien.
5 - Bien sûr, le régime de Sadam Hussein est une dictature (mais rappelons-nous que Sadam était soutenu, financé et armé jusqu’aux dents par les Etats-Unis lors de la guerre Iran-Irak, dans les années 80, qui a fait un million de victimes.) La dictature de Sadam et sa clique opprime des millions de travailleurs irakiens, et doit être dénoncée par la jeunesse et les travailleurs du monde entier. Cependant, on ne peut être indifférent à la question de savoir qui renverse Sadam, quel régime le remplacera, et suivant quels intérêts. De fait, on connaît les objectifs des Etats-Unis : il s’agit d’occuper militairement l’Irak pendant au moins un an et demi. Autrement dit, faire de l’Irak un protectorat sous contrôle militaire, économique et politique des USA. L’impérialisme américain veut seulement remplacer une dictature qu’il ne contrôle pas par un régime réactionnaire qui sera soumis aux dictats de la Maison Blanche.
6 - Pour résoudre leurs problèmes, les populations opprimées du monde arabe - et du monde entier - ne peuvent faire confiance ni aux bombes américaines ni aux bombes de l’ONU. La seule issue, pour le peuple irakien, c’est la lutte consciente et organisée contre l’impérialisme, contre la dictature qu’il subit et contre le système économique qui soutient les deux : le capitalisme. Pour se libérer d’un régime réactionnaire imposé par les Etats-Unis comme de la dictature de Sadam Hussein, la jeunesse, les travailleurs, les paysans pauvres et toutes les sections opprimées de la société irakienne doivent prendre le chemin de la lutte pour la transformation socialiste de la société. Ils doivent établir leur gouvernement, qui mettra les ressources économiques et les richesses accumulées par le travail des salariés sous leur contrôle, de façon à ce qu’elles servent à satisfaire les besoins de la majorité, et non plus à alimenter les profits des puissants et des multinationales du pétrole. C’est par ailleurs la seule façon de résoudre les conflits entre les différentes minorités nationales et religieuses qui constituent l’Irak.
7 - L’opposition de la jeunesse et du mouvement social à cette guerre ne cesse de croître à travers le monde. Les 18 et 19 janvier, aux Etats-Unis, 500 000 personnes ont manifesté contre la guerre, cependant que d’importantes manifestations se déroulaient dans d’autres pays. Les sondages d’opinion indiquent la croissance continue de l’opposition à cette guerre, qui ne sert que les intérêts stratégiques et économiques de l’impérialisme et se fera, comme toujours, aux frais de la jeunesse et des salariés du monde entier, et avant tout du peuple irakien. La seule façon d’arrêter le massacre impérialiste, c’est d’organiser un mouvement d’opposition massif à l’échelle internationale. Les syndicats et les partis de gauche doivent s’opposer à cette guerre et organiser - dans les usines, les entreprises, les écoles, les universités et les quartiers - des comités anti-guerre qui seraient coordonnés suivant un plan d’action incluant une grève générale de 24 heures contre la guerre.
8 - Le Syndicat des Etudiants espagnol a lancé une campagne pour l’organisation d’un tel mouvement dans la jeunesse espagnole : nous répondons aux appels internationaux à la mobilisation, nous appelons à des manifestations en Espagne, nous mettons en place des comités anti-guerre dans les lycées et les universités pour y expliquer nos idées, organiser des diffusions de tracts, des conférences, des débats et des actions de protestation. De plus, le Syndicat des Etudiants espagnol appelle, pour le 13 février, à une journée d’action et de mobilisation, et DEMANDE A TOUS LES ÉTUDIANTS ET ORGANISATIONS ÉTUDIANTES DU MONDE ENTIER D’APPELER POUR LE MÊME JOUR A UNE JOURNÉE DE GRÈVES ÉTUDIANTES, DE MANIFESTATIONS ET D’ACTIONS DE PROTESTATIONS CONTRE LA GUERRE EN IRAK. Ce 13 février, la lutte unifiée de la jeunesse étudiante serait un pas décisif vers un mouvement massif d’opposition à la guerre, ce qui pourrait forcer l’impérialisme américain à reculer et mettre en difficulté les gouvernements européens qui souhaitent s’engager dans cette nouvelle agression contre un peuple innocent.
Longue vie à la lutte internationaliste contre les guerres impérialistes !
Pas un soldat, pas une balle, pas un euro pour cette guerre !
L’argent de l’intervention doit être affecté à des dépenses sociales !
Pour avoir la paix, luttons pour le socialisme !
Madrid, 23 janvier 2003.
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