Depuis le 1er décembre, les journaux télévisés passent en boucle les images des affrontements qui ont embrasé Paris. Journalistes et politiciens se relayent, jour et nuit, pour « condamner les violences » – à l’exception notable des violences policières, qui ont fait au moins un mort, de nombreux blessés et visent sans cesse des rassemblements pacifiques. Les manifestations de lycéens sont brutalement dispersées. Lundi, les ambulanciers mobilisés ont subi le même sort. Pendant que la société officielle baigne l’Arc de Triomphe de ses larmes hypocrites, les grenades lacrymogènes et les coups de matraque pleuvent aux quatre coins du pays.

En France, des centaines de milliers de personnes participent depuis la mi-novembre au mouvement des gilets jaunes, à travers divers blocages, pour manifester contre la hausse des taxes sur le carburant et, de manière générale, contre la vie de plus en plus chère. Ce mouvement est le résultat inévitable d’une crise économique bien palpable, rendue de plus en plus importante par le gouvernement Macron actuel; entre les coupes dans les aides sociales, l’augmentation de taxes et autres mesures d’austérité, le mouvement des gilets jaunes témoigne d’un étouffement de la population française, étranglée par la stagnation des salaires et la hausse continuelle du coût de la vie.

Le discours de Macron, mardi matin, était une longue, une interminable provocation. Alors que les gilets jaunes exigent, au minimum, des mesures immédiates contre la vie chère, le Président a surtout parlé de la situation du monde à l’horizon 2050. Il ne nous a épargné aucune considération de « méthode » et de « pédagogie ». Mais pas une seule mesure concrète n’a été annoncée. La modulation des taxes en fonction du cours du pétrole n’est pas une mesure concrète : c’est une hypothèse vague, non chiffrée et sans échéance.